Train provenant de Coutras en direction de Tarbes, départ de Bordeaux à 18h26.
Qui aurait pu deviner qu’en partant du bureau à une heure raisonnable j’allais autant galérer pour me rendre à la gare. Pas de Vcub à la cité administrative alors qu’avant de prendre l’ascenseur il en restait 4. Heureusement, le bus 16 passe à ce moment là. Je monte. Il y a toujours des vélo à Saint Seurin. Sauf que là, mon téléphone me dit que non. Et l’heure tourne. Et finalement, j’aperçois un vélo près du Palais de Justice. Je quitte le bus et chevauche ma nouvelle monture jusqu’à la gare. J’y arrive largement dans les temps. Pas trop besoin d’attendre sur le quai, ce qui est très bien quand il fait un peu frais et qu’on vient de transpirer.
Sauf que là, le cauchemar continu. Le train est déjà à quai. Attends ! Je pige pas ! Normalement le 18h26 c’est un train qui vient de Coutras et qui s’arrête quelques minutes en gare de Bordeaux pour prendre les voyageurs à destination de Tarbes. Mais aujourd’hui non. Dix minutes avant le départ il est déjà là et bondé. Plus aucune place assise et des gamins debout sur les plateformes.
C’est une fois que je prends place parmi des infortunés qui feront le voyage debout que je vois arriver le train de Coutras. Aujourd’hui, veille de 11 Novembre, il est terminus Bordeaux. Tout le monde descend et ceux qui veulent aller plus loin doivent monter dans le train déjà plein comme une huître dans lequel je me trouve.
Là une première réflexion m’agite les neurones. Même avec le volant imprévisible des abonnés, comment les gens qui décident du nombre de voiture ont-ils pu se faire avoir à ce point sur le nombre de place nécessaire pour ce train ? On ne sait donc pas combien on vent de billet à la SNCF ? Ou préfère-t-on se foutre de la gueule de l’usager en se disant qu’au fur et à mesure que le train desservira des gares des places se libèreront. Ou comment pratiquer le surbooking.
A Pessac, grosse galère pour faire monter les voyageurs. Les plateformes sont déjà occupées dont on s’entasse dans les allées.
A Facture, la contrôleuse arrive sur la plateforme où je me trouve et annonce qu’il y a de la place devant. Je profite que la porte est ouverte pour changer de voiture par l’extérieur. Effectivement, à présent que les gens à destination de Facture sont descendus il y a des places libres. En dehors de ça il y a bien de la place devant … en 1ère classe.
Une seconde réflexion me rappelle un vieux débat. Cette demi voiture de 1ère classe est au moins à 50%, à vue de nez, occupée par des salariés de la SNCF. Quand est-ce qu’on les supprime (les 1ères classes pas les salariés de la SNCF !) pour augmenter les capacités d’accueil des voitures ?
Et dans la foulée, une dernière réflexion suscite la colère. Pourquoi maintient-on un arrêt à facture dans les trains à destination d’Hendaye ou de Pau ? La ligne Bordeaux-Arcachon est à présent cadencée. Il y a un départ toutes les demi-heures, en tout cas aux heures de pointe. Dans le cas du 18h26 il était précédé d’un 18h11 à destination d’Arcachon et suivi d’un similaire à 18h41. Autrement dit, on aurait pu faire descendre les gens à destination de Facture à Bordeaux et ils n’auraient eu que 15 minutes à attendre pour continuer leur voyage. Mieux, comme nous sommes partis avec 10 minutes de retard, ils n’auraient en réalité patienté de 5 minutes.
Que la SNCF fasse preuve d’autisme face à cette réalité afin de ne pas déplaire aux personnes influentes qui vivent du coté du Bassin c’est une chose. Après tout les bonnes planques sont rares de nos jours alors à la limite ça se comprend sans pour autant s’excuser. Mais que les voyageurs ne se rendent pas compte que pour gagner une poignée de minutes ils incommodent d’autres voyageurs parmi lesquels des mamans accompagnées d’enfants en bas âges, des personnes âgées et des femmes enceintes, ça, ça relève au mieux d’un égoïsme prononcé et au pire d’une débilité profonde. Et comme ce train était rempli de post adolescents ou pré adultes idiots et individualistes à souhait, c’était à la SNCF de faire un peu le gendarme. Encore un échec …
Edit du 17/11/2011 : Je réalise que supprimer l’arrêt à Facture empêcherait la liaison Dax-Facture/Arcachon. On peut imaginer deux solutions : Il existe bien une liaison Bordeaux-Langon alors pourquoi pas une liaison Dax-Facture ? Ou alors on généralise le contrôle à quai pour empêcher les voyageurs à destination de Facture de monter dans les autres trains. Cela peut paraitre ridicule puisque la plupart du temps il y a de la place pour tout le monde. Mais en même temps, personne ne peut prévoir quand le train sera surchargé. Alors quand personne ne se bouge le cul pour laisser des personnes âgées s’assoir et bah ça fait quand même un un peu chier .