Il y a des jours où on devrait rester couché. Aujourd’hui était un de ceux là. J’ai commencé par oublier mon mobile à la maison. Heureusement, prévoyant, j’en ai un de secours dans mon sac. Et il m’a été très utile ce soir en arrivant à Saint-Jean-de-Luz pour appeler mon épouse et lui demander de venir me chercher … J’avais oublié mon trousseau de clés dans le train !
J’ai demandé au chef de gare d’appeler Hendaye pour les prévenir et ils ont rappelés en disant qu’ils n’avaient rien trouvé. Nous nous sommes quand même rendus à Hendaye pour que je demande à regarder par moi-même car je savais exactement où j’étais assis et où j’avais posé mes clés. Là je suis tombé sur un chef de gare bien énervé. Toute la journée il avait eu affaire à des voyageurs casse bombons et j’ai bien senti que je l’ennuyais quand je lui ai demandé si je pouvais me rendre dans le train faire ma propre fouille. Il était obligé de m’accompagner et n’avait pas que ça à faire. Et c’était aussi une mise en doute de la qualité de son inspection.
Lorsque nous étions sur le point d’aller dans le train, un voyageur a voulu monter dans un TER qui allait au dépôt. Le chef de gare déjà bien sur les nerfs lui a dit « Non ne montez pas » en criant et sur un ton qui ne prêtait pas à discussion. Seulement le voyageur en question était un fou furieux qui a très mal pris l’invective. Mon accompagnateur avait beau lui expliquer que le train dans lequel il voulait monter n’allait pas à Bayonne, l’autre persistait à demander où était son train. “Voie 6″ lui fut-il répondu à plusieurs reprises. Mais il n’a rien voulu entendre. Découragé, et voyant que le train de la voie 6 venait de partir, le chef de gare a continuer son chemin pour me conduire jusqu’au train. Une fois sur les lieux on entendait dans son talkie-walkie qu’un individu était en train de démonter un automate et de casser les vitres : le gars qui venait de louper son train pour Bayonne. La personne à la radio était un peu paniquée. Le chef de service a sorti son mobile et a appelé la police tout en m’accompagnant. Ensuite un nouveau message disait que le fauteur de trouble s’était blessé. Il a alors appelé les pompiers.
Je n’ai pas retrouvé mes clés et quand nous sommes revenus dans le hall de gare j’ai remercié le chef de service mais il ne m’a pas entendu, déjà la tête ailleurs, sur un autre problème à gérer. J’ai été étonné par le sang froid avec lequel il a géré cette crise à distance d’autant plus qu’il a regagné la gare sans peur, alors que je craignais que le fou furieux soit encore là, (il m’avait pris pour un agent de la SNCF et m’avait à moi aussi demandé où était son train).
Avec du recul j’ai compris que le sentiment qu’éprouvait cet agent c’était de la colère. De la colère peut-être à cause de tous ces voyageurs qui l’empêchent de faire son travail par des demandes plus décalées les unes que les autres. De la colère plus probablement parce qu’avec des réductions d’effectif, lui et ses collègues doivent quand même apporter la même qualité de service aux voyageurs et qu’en cette période estivale la tâche n’est que plus rude.
Quand on assiste à une scène comme celle-ci on se sent un peu gêné de déranger pour des clés. Mais cela ne minimise pas pour autant l’importance qu’elles ont à mes yeux. Ce sont les clés de la voiture que j’utilise pour aller au boulot. Bien sûr j’ai un double mais ça reste un double. Et faire refaire une clé ainsi que la télécommande (elle est indispensable) n’est pas donné. L’agent de la SNCF n’a pas eu besoin que je lui explique tout ça pour accepter de m’accompagner voir le train, il l’a fait c’est tout. Merci encore Monsieur.